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Le cliché qui veut que les jeunes d’aujourd’hui, qui sont effectivement nés avec l’ordinateur et nés avec Internet, soient des surdoués dans son utilisation est donc erroné : leur compétence est limitée à l’utilisation. (..)
En échange de toujours plus de services et de toujours plus de facilité dans l’usage de ces services, « l’utilisateur final » se transforme en client captif (..) La micro-informatique des origines forçait chaque utilisateur à être un peu programmeur. [1]

L’informatique omniprésente régule, directement et indirectement, de nombreux domaines de la société. Son omniscience interroge, remet en question, les notions de liberté individuelle et de vie privée.

L’un des enjeux majeur du Logiciel Libre est de créer les conditions idéales pour apprendre à programmer. L’école devrait en être le lieu privilégié [2]. Un sanctuaire permettant aux “futurs citoyens” de maîtriser leurs outils et à travers eux d’influer sur leur vie et la société. De ne pas devenir de simples utilisateurs consommateurs à la merci de conditions d’utilisation, antagonistes des libertés individuelles.

Les éditeurs de logiciels et de services sur internet l’ont bien compris, ils profanent la place depuis bien longtemps [3]. Les cours, les temps d’apprentissages, sont détournés et s’intitulent fièrement du nom de marques et de produits. Marketing propagande directe, si possible dès le plus jeune âge, pour un double avantage: 1. générer des revenus - via le budget public et le dressage des futurs consommateurs, 2. modeler les esprits pour imposer les définitions, les principes et les valeurs qui limiteront la compréhension et l’appropriation de l’outil informatique. L’utilisateur est roi, la facilité sa volonté, consommer son désir. Avec les logiciels privateurs, il sera bien servi.

Pendant ce temps, des utilisateurs deviennent programmeurs. Ils se forment, en autodidactes, grâce aux ressources de l’Internet, au contact des logiciels libres, au sein des communautés. L’éducation populaire à la vitesse du réseau.

Programmer est une activité créative, technique mais artistique, rigoureuse et gratifiante. Connaître les principes de la programmation, comprendre les fonctionnements internes, pratiquer, modifier, expérimenter, répliquer, assembler, pour finalement écrire soi-même.

Penser dans la langue informatique forge l’éthique [4] et la conscience politique nécessaires pour aborder les rapports, les connexions, entre informatique, numérique et société.

  1. http://hyperbate.fr/dernier/?p=8582
  2. https://www.gnu.org/education/edu-schools.fr.html
  3. http://www.framablog.org/index.php/post/2013/06/11/francois-elie-education-conference
  4. http://www.volle.com/lectures/citations/hackersethic.htm